Dans l’hôtellerie-restauration, on recrute. On recrute encore. Et on recommence.

Pourtant, la vraie question n’est pas « comment trouver des candidats » — elle est « pourquoi ils partent aussi vite ? »

Les chiffres sont clairs : 65 % des salariés CHR quittent leur poste dans les deux premières années. Plus de 200 000 postes restent vacants en France, soit le double d’avant Covid. Ce n’est pas une crise du recrutement. C’est une crise de l’intégration.

Ce qui se passe vraiment dans les premiers jours

Dans la majorité des établissements indépendants, la prise de poste ressemble à ça : le nouveau arrive, on lui montre rapidement les bases, et on le met au poste le plus vite possible parce qu’on n’a pas le choix. Pas d’accueil structuré. Pas de formation initiale. Pas de temps.

Le résultat est prévisible : la recrue ne se sent pas attendue, pas considérée, pas intégrée. Elle part. Souvent avant la fin du premier mois.

Ce fatalisme — « de toute façon ils partent tous » — est exactement ce qui empêche le secteur d’avancer. Il crée un cercle vicieux que seule une vraie démarche d’onboarding peut briser.

Ce que recouvre vraiment l’onboarding

L’onboarding ne se résume pas à un livret d’accueil remis le premier jour. Il couvre trois dimensions complémentaires :

L’opérationnel : outils, procédures, sécurité, hygiène, prise en main des outils de service.

Le relationnel : liens avec les collègues, cohésion d’équipe, désignation d’un parrain ou d’une marraine qui accompagne la recrue sans lien hiérarchique.

L’identité de la maison : valeurs, histoire de l’établissement, vision du service client — ce qui fait que cette maison est différente des autres.

Ne pas structurer ces trois dimensions, c’est gâcher tout le travail de recrutement. C’est aussi envoyer un message clair à vos équipes en place : « ici, on ne prend pas soin des gens. »

Le pré-boarding : la phase que personne ne fait

Il y a une étape encore plus négligée que l’onboarding lui-même : le pré-boarding. C’est tout ce qui se passe entre la signature du contrat et le premier jour.

Un email de bienvenue. Un kit d’accueil envoyé à l’avance. Une présentation de l’équipe. Un message du manager. Des choses simples, qui coûtent zéro euro et qui changent tout — parce qu’elles disent à la recrue : « tu comptes pour nous avant même d’avoir commencé. »

Ce que ça change concrètement

Un onboarding raté coûte jusqu’à 7 000 € à un établissement — coût du recrutement, formation, perte de productivité, impact sur l’équipe en place. À l’inverse, un processus d’intégration bien structuré peut augmenter la rétention de 82 %.

Un collaborateur bien intégré devient un ambassadeur. Il parle bien de la maison. Il participe à l’accueil des prochaines recrues. L’onboarding fait effet boule de neige.

Ce n’est pas un investissement en temps. C’est un investissement en considération.

Source : Cet article s’appuie sur les travaux de Vulpes Consulting.
Article original : « Onboarding réussi en hôtellerie et en restauration »
https://www.vulpesconsulting.fr/post/onboarding-hotellerie-restauration

Le commentaire logo rec

Sur le terrain en Bretagne, j’observe la même chose chaque semaine : les patrons CHR ne manquent pas de bonne volonté — ils manquent de méthode et de temps. Structurer un onboarding ne demande pas des semaines de travail. Ça commence par une checklist, un parrain désigné, et un message envoyé la veille du premier jour. C’est ça, REC : des outils simples, humains, immédiatement applicables.

— Axel Auffret, fondateur de REC

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