85 % des patrons de l’hôtellerie-restauration déclarent mener des actions pour fidéliser leurs salariés. Dans le même temps, 50 % des salariés estiment que leur employeur ne fait rien pour eux.
Ces deux chiffres ne peuvent pas coexister sans qu’il y ait un problème. Et ce problème, ce n’est pas la mauvaise volonté — c’est le décalage de perception.
Ce que font les patrons. Ce que voient les salariés.
Du côté des employeurs, les actions de fidélisation les plus citées sont les aménagements d’horaires, les congés supplémentaires et les primes diverses. Ce sont des efforts réels, souvent coûteux en organisation.
Du côté des salariés, ce qui compte en premier, c’est la revalorisation salariale, la reconnaissance au quotidien et les bonnes conditions de travail. Pas les plannings — la considération.
Ce fossé explique tout. Les patrons agissent sur ce qu’ils peuvent contrôler facilement. Les salariés attendent autre chose — quelque chose de plus humain, de plus visible, de plus immédiat.
Ce que ça dit du management en CHR
Les contraintes du secteur — coupures, horaires décalés, travail le week-end — sont souvent accusées d’être responsables du turnover. Pourtant elles n’apparaissent pas dans les premiers facteurs de départ cités par les salariés.
Ce qui fait partir les gens, c’est le sentiment de ne pas être vu. De ne pas être entendu. De ne pas compter.
Et ce sentiment se forme très tôt — souvent dans les premières semaines. Parfois dès le premier jour.
L’onboarding comme premier acte de fidélisation
Si 50 % des salariés ne perçoivent pas les efforts de leur employeur, c’est que ces efforts ne sont pas suffisamment visibles ou ressentis au bon moment.
L’onboarding est le premier moment où un employeur peut montrer concrètement ce qu’il pense de ses équipes. Un accueil structuré, un parrain désigné, un message personnel du manager — ce sont des signaux forts, immédiatement lisibles par le salarié.
Fidéliser ne commence pas au bout de six mois avec une prime. Ça commence le premier jour avec une intention claire : ici, tu es attendu. Ici, tu comptes.
Ce que ce chiffre change pour vous
Si vous êtes patron CHR et que vous pensez faire des efforts pour fidéliser vos équipes, posez-vous cette question : est-ce que mes salariés le savent ? Est-ce qu’ils le ressentent ?
Si la réponse est incertaine, le problème n’est pas l’effort. C’est la communication de cet effort. Et ça, ça se travaille — dès le premier jour.
Source : Cet article s’appuie sur une enquête de L’Hôtellerie Restauration et CHD Expert menée auprès de 1 740 professionnels CHR.
Article original : « Enquête sur le turnover : analyse des résultats »
https://www.lhotellerie-restauration.fr/actualite/enquete-sur-le-turnover-analyse-des-resultats
Note : cette enquête date de 2017 mais ses enseignements restent d’une actualité troublante sur le terrain en 2025.
Le commentaire 
Ce chiffre — 50 % des salariés qui pensent que leur patron ne fait rien — je le rencontre chaque semaine sur le terrain. Pas parce que les patrons sont indifférents, mais parce que leurs actions ne sont pas visibles au bon moment. L’onboarding, c’est précisément ça : rendre visible l’intention dès J1. C’est le premier acte de considération qu’un employeur peut poser.
— Axel Auffret, fondateur de REC
fidélisation personnel restauration · turnover CHR causes · perception employeur salarié CHR · management CHR · conditions de travail hôtellerie